Une jeune et jolie princesse qui depuis sa plus tendre enfance attendait l'arrivée de son prince charmant du haut de son balcon. Elle l'imaginait galopant vaillamment sur son destrier blanc, l'épée brandie, bravant tous les dangers pour la rejoindre. Le c½ur en émoi, elle ne voulait plus attendre une seule seconde celui qui lui était promis. Mais le temps s'écoulait rapidement, trop rapidement, et le prince n'arrivait toujours pas. La princesse finit par se demander si il viendrait un jour. Chaque journée était devenue pour elle un supplice égalant ceux de Tantale ou Prométhée. Ses amies tentaient de la rassurer en lui affirmant qu'il était sans doute pris au piège, essayant courageusement de se délivrer des griffes d'un monstre et qu'il faudrait être patiente. Mais la princesse devenait de plus en plus irritable. Si bien qu'elle décida un jour d'aller chercher elle-même le prince, au péril de sa vie s'il le fallait. Le roi et la reine, ainsi que ses amies tentèrent de l'en dissuader, mais la princesse s'obstinait. Et tandis qu'elle s'apprêtait à partir, un bruit sourd se fit entendre, loin dehors. La jeune princesse dans un vent de panique accourut aux fenêtres du château, suivie de ses fidèles servantes. Et tous les habitants du royaume en firent de même. Tous se mirent alors à scruter l'horizon dans une incroyable cohue, espérant découvrir d'où provenait cet étrange bruit, mais rien. Oui. Absolument rien. Du moins c'est ce qu'ils croyaient tous, car tout à coup, le bruit se fit de nouveau entendre et comme sortie de nulle part... un magnifique cabriolet débarqua dans la cour même du château. De toute sa courte vie, la princesse n'avait jamais vu une telle invention, et l'effet ne se fit pas attendre. Sous le choc (très émotive, précisons le), elle tomba de toute sa hauteur prise d'un vertige. Quelques instants plus tard elle reprit connaissance, dehors. Sa famille l'y avait conduite pensant que l'air frais lui ferait reprendre ses esprits plus tôt. Perdue la princesse marmonna quelque chose d'incompréhensible, puis se releva brusquement. La mémoire sembla lui être revenue car elle hurla sur ses parents, leur demandant expressément de lui montrer où se trouvait cette étrange chose qu'il l'avait plongée dans tous ses états. Mais ceux-ci n'eurent pas l'occasion de lui répondre car la princesse se mit à courir.
« - Mais où vas-tu chérie ? lui demandèrent-ils.
- La chose est là ! cria t-elle. »
Et en effet le cabriolet se trouvait devant la princesse, sagement garé devant une petite fontaine d'eau. Un homme se trouvait à côté, mais de dos. La princesse crut alors qu'il se pourrait qu'il soit son prince charmant. Certes il n'avait pas de cheval blanc, mais à prêt tout, qui a dit qu'il fallait obligatoirement un cheval pour conquérir le c½ur d'une demoiselle. Toute émoustillée, la jeune fille s'approcha timidement, les mains moites, le c½ur battant à toute allure. Elle passa une main dans ses cheveux d'un geste délicat et alors qu'il ne restait plus que quelques centimètres entre elle et son aimé...
« - AAAAAAAAAAAAAHHHHHHHHHHHHHHHHHH !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! »
La princesse n'en croyait pas ses yeux, l'homme se tenait debout, urinant dans la fontaine... Surpris celui-ci se retourna brusquement et esquissa un sourit.
« Beh alors chérie, ça te choque ? »
Vision d'horreur. L'homme était ridé, bien qu'il ne fût pourtant pas si vieux, il lui manquait des dents et celles qui avaient survécu miraculeusement dans sa bouche étaient jaunes, pourries. Une haleine putride émanait de sa bouche. Ses yeux étaient injectés de sang, comme prêts à exploser. Il avait de gigantesques cernes, lui plombant le visage. Ses cheveux étaient gras, pelliculeux, et maintenu par une substance plus que douteuse. Des poils ressortaient de son nez, aussi longs que ceux de sa moustache. Une affreuse odeur de transpiration flottait dans l'air. La princesse ne put se retenir de placer sa main devant sa bouche étouffant ainsi un petit cri de dégoût.
L'homme voulu remonter sa braguette, mais celle-ci était coincée. Son sourire s'élargit découvrant un peu plus ses dents immondes. Il demanda de l'aide à la princesse, mais celle –ci bondit en arrière l'air éc½urée. La princesse réalisa que son prince charmant ne pouvait être cet affreux individu. Il n'avait rien d'un prince. Il n'avait même pas d'épée, mis à part celle qu'il brandissait petit à petit sous le nez de la princesse choquée à vie.
« ç te dirait de faire un tour dans ma bagnole petite ? J'ai quelques bières au frais chez moi !»
Eh oui le temps des princesses est révolu, les princes charmants n'existent plus. Bienvenue en 2008 !!!
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bri-chan